"Jécrivais pour écrire et pour mieux respirer."
Ecrit par une jeune femme de vingt-cinq ans, ce premier roman est le récit d’une passion double : celle pour un pays et pour un homme. Il est imprégné des mille couleurs et odeurs de l’Afghanistan, terre violente et envoûtante où l’amour peut germer.
Le grand amour est un voyage. Et les vrais voyages ressemblent à l’amour. C’est à la rencontre des deux que nous invite Ingrid Thobois à la faveur de son court récit : la fin de l’un et la découverte de l’autre.
En posant nos pas dans les mots de la narratrice, nous visitons l’Afghanistan, de Kaboul à Djallabab. Un Afghanistan intime, grêlé par la guerre certes, mais étranger aux représentations que nous fournit l’actualité télévisuelle. La jeune femme est arrivée là peu après l’intervention américaine, pour donner des cours de français. Elle s’est éprise d’un autre expatrié, beaucoup plus âgé, et marié. Si cette liaison a pour elle le goût de l’inédit, ses affres sont le lot de toutes les passions: escapades érotiques, manque de l’autre, soif d’absolu, espoir de vivre un jour ensemble, promesses insensées, désillusions et souffrance. Quand la narratrice succombe finalement au charme de sa terre d’exil, elle se déprend de celui qui l’attachait à l’homme qui lui a fait subir mille morts. Certes, la rencontre avec «le Prince» ne suffit pas à lui faire oublier son amant, mais l’Afghanistan la transporte, la galvanise. C’est l’âme dépaysée qu’elle rencontre des êtres qu’un sourire, une parole, un geste gravent dans sa mémoire et que sa langue tenue grave en la nôtre.
"On n'écrit pas sans l'autre : on se déverse seulement, lorsqu'une phrase n'existe que pour dessiner le ocntour d'un sourcil, et magnifier ces personnages réels qui peuplent la planète sans en avoir conscience. Mettre les hommes en mots, c'est leur donner une place."
C'est un roman très fort qui m'a touché, et qui est très loin de l'actualité télévisuelle. Je le conseille à qui souhaite voyager, aimer, rêver et découvrir ce pays ; parce l'amour est un voyage mais aussi parce que les voyages font naître l'amour.