Spectacles à partager

Lundi 11 mai 2009

Jeudi dernier j’étais sur le port de Marseille : une chaleur pas possible, un petit « mandarin citron » et puis j’étais surtout bien entourée : César, Marius, Fanny et La Nymphette ! Une ambiance du tonnerre !

 

Francis Huster a rassemblé les trois célèbres pièces en une seule au plaisir de tous les amoureux de Pagnol. Tout se bataille au Bar de la Marine, entre la belle Fanny, la fille d’Honorine la marchande de poisson du port, et le très beau Marius, le fils de César. Histoire d’amour impossible de ces deux enfants au milieu de la vie marseillaise. Et puis il y a Panisse, le riche maître voilier, Escartefigue, le capitaine de « ferry boat » et Monsieur Brun, le lyonnais. Tous ces personnages se mêlent, se heurtent, s’engueulent, s’aiment, se fendent le cœur aussi, et rient dans un souffle brulant ! La mise en scène et les décors sont parfaits : on s’y croit vraiment - quel bonheur de voir à l’entracte le décor tourner, comme si la caméra changeait d’angle ! Les acteurs sont excellents et font rythmer notre cœur : Bernard Weber est puissant et hypnotisant dans le rôle de César, Francis Huster est électrique dans le rôle de Panisse, et Stanley Weber (le fils) apparaît habité et entier dans le personnage de Marius.

 

J’ai aimé écouter les beaux textes de Pagnol, les grands éclats de voix, les relations humaines et les boutades marseillaises ! C’est tendre et savoureux, c’est un chef d’œuvre d’un grand maître, simple et universel : ça nourrit de l’essentiel. C’est juste, drôle et cruel : c’est un beau moment de vie. Ces trois heures ont été un voyage joyeux, festif, animé et incroyable ! C’était un moment unique, qui m’a plongé dans tout ce que j’aime : les mots et tout leur sens, les autres et leurs sentiments, et la force du théâtre. Quelle force !

 

Cette soirée sur la Cannebière restera encore très longtemps dans mon cœur… Bon ok c’était au théâtre Antoine à Paris, je l’avoue, j’ai été un peu fada sur ce coup là !

Par Ana-Joe
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Mardi 21 avril 2009

« Cher Marcel,

 


Il me faut répondre à ta lettre que j’ai
ici, près de moi… Oh oui que je suis satisfait ! Surtout parce que la mise en scène n’était pas de toi et il faut dire que ça nous aura évité une honte générale et les pleurs des spectateurs. Mais il me faut avouer surtout que je suis bien fier de mon personnage, je me suis trouvé bien plus beau que toi il faut le dire. Alors mon cher Marcel, peut-être manquait-il nos cigales de notre belle France sudiste mais il y avait bien l’essentiel de nous deux. Qu’est-ce qu’on s’emmerdait bien tout de même ! J’avoue que tu étais bien plus emmerdant que moi, un beau « menteur de charme ». Ah Marcel il me faut t’avouer une belle chose : que j’ai aimé nos correspondances et de les entendre dans ce joli théâtre, comme au bon vieux temps. Que j’ai aimé ces éclats de voix ! Que j’ai aimé entendre les gens rire – ah le rire comme tu le disais :
« Le rire est quelque chose que Dieu a donné aux hommes pour leur faire oublier leur intelligence. » – que j’ai frissonné quand les gens ont applaudi, que j’ai eu le cœur serré quand les gens étaient émus ! Quelle merveille le théâtre que je préfère bien mieux à ton « cinéma parlant » ! Ah mon bon Marcel tu as vu comme le théâtre fait vivre nos personnages ! »

 

On termine par cette question à Pagnol : « quel homme auriez-vous voulu être ? » … La réponse résonne encore dans nos têtes et vous fait sortir avec un sourire encore plus large…

Alors nous voilà en l’an 2000 réunis pour écouter les correspondances de ces deux géants : Pagnol (Philippe Caubère) et Raimu (Michel Galabru), indissociables personnages. Leurs gouailles sont idéales pour représenter les deux monstres du cinéma français. On y est. Leurs mots se mêlent, se bataillent et brillent. Leur amitié est frappante, touchante et fichtrement emmerdante. On rit et on est ému. On applaudit spontanément et on se tait délibérément. On se gorge de leurs écrits qui révèlent bien toute la richesse de leurs échanges. Alors voilà, peut être que je m’avance un peu trop, mais j’aurais aimé être n’importe qui mais à leur époque où les mots étaient importants, où les lettres voyageaient et liaient autre chose que des relations éphémères. Où les projets avaient du sens, où les hommes se battaient pour autre chose que la rentabilité de leur portefeuille. C’est vif et brillant, intelligent et tellement vrai.

 

L’amitié est bien l’une de ces choses qui fait grandir et qui subsiste malgré tout.

 

 





Jules et Marcel
, de Pierre Tré-Hardy

D’après la correspondance de Raimu et Pagnol

Meneur de jeu : Jean-Pierre Bernard

Avec : Michel Galabru, Philippe Caubère, Jean-Pierre Bernard

 

 

Par Ana-Joe
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Vendredi 17 avril 2009

1939, sud des Etats-Unis, 40 degrés, des moustiques, des champs de coton, une vieille Chevrolet dans le jardin, de la limonade…


Archie Lee (Chick Ortega) est exploitant de coton mais au bout du rouleau et au bord de la faillite. Il est marié à Baby Doll (Mélanie Thierry), une femme-enfant qui dort encore dans son lit de bébé, mais suite à une promesse faite au père de Baby Doll, le mariage ne sera consommé qu’à ses 20 ans. A la veille de son anniversaire, un incendie se déclare chez leur voisin, Silva Vacarro (Xavier Gallais). Il est le cauchemar d’Archie Lee depuis qu’il a installé sa nouvelle égreneuse à coton et les petits exploitants n’ont pratiquement plus de travail. De plus, la maison pratiquement en ruines et le mobilier est en passe d’être saisi. C’est alors que commence la guerre du coton entre Archie Lee qui veut sauver ses affaires, Vaccaro qui le soupçonne d’être à l’origine de l’incendie et Baby Doll au milieu de cette tempête ardente.

 

« Baby Doll » est à l’origine le film d’Elia Kazan de 1956 dont l'auteur est Tennessee Williams qui a été à l’époque un scandale et qui pour la première fois en France est adapté en une pièce exceptionnelle, d’une évidente énergie. Le trio principal d’Archie Lee, Vaccaro et Baby Doll est d’une vivacité séduisante et d’un rythme érotique. Les deux autres personnages de Tante Rose (Monique Chaumette) et Rock (Théo Légitimus) ajoute de la douceur et beaucoup de poésie. Le mélange des rires, des voix, des corps, avec le désir de vengeance, la pureté, le racisme et l’ambiance sudiste donne un savoureux tableau, particulièrement énergique et sensuel.

 

Je souligne la brillance de Mélanie Thierry, sa grâce, sa pureté et son talent qui sont d’une émotion unique. Elle happe le regard et son mouvement est captivant. Xavier Gallais est absolument animal, l’incarnation du mâle à la fois brutal et sensible. Chick Ortega est une brute sauvage au cœur sensible et maladroit. Quant à Monique Chaumette et Théo Légitimus, ils sont tous les deux d’une élégance délicate : leurs chants a cappella sont inoubliables.

 

C’est un chant sensuel rythmé par la fièvre animale d’Archie Lee et Silva et la fraîcheur citronnée de Baby Doll. C’est remarquable et exceptionnel !



Auteur: Tennessee Williams Adaptation: Pierre Laville
Mise en scène: Benoît Lavigne
Équipe technique:        
Décor et costumes: Laurence Bruley    
Lumières: Fabrice Kebour          
Collaboratrice artistique: Sophie Mayer              
Son: Vincent Butori et Jean-François Thomelin
Avec: Mélanie Thierry, Xavier Gallais, Chick Ortega, Monique Chaumette et Théo Légitimus    

Site ici. 

Par Ana-Joe
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Lundi 2 juin 2008
Ce spectacle c'est leur histoire Rachid aime Marie-sophie, marie-sophie aime Rachid ! un mariage, deux cultures, deux belles...

La vie à deux c’est déjà compliquée mais lorsqu’il s'agit d’un couple mixte ça devient la folie. Une confrontation des cultures abordée sans parti pris cependant pour notre grand plaisir ; avec dérision. 2 comédiens débordant d’énergie, gags et quiproquos en avalanche. bref, de quoi dérider les zygomatiques. un spectacle que nous vous recommandons à 100%.

Auteur : Mathieu et Aïcha Lebrun
Artistes : Avec Agnès Miguras et Foudil Kaibou en alternace avec Farid Omri.

J'ai vu cette pièce pour l'enterrement de vie de jeune fille d'une amie qui vit complètement ce clivage : lui catho, elle boudhiste. C'est une pièce géniale, pleine de rebondissements, particulièrement bien tenue avec ses 2 acteurs, avec une belle leçon ! C'est super on passe un super moment !

Pour en savoir plus :
http://www.ticketac.com/theatre-prive-paris-comedie-republique/couscous-aux-lardons.htm

Par Ana-Joe
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Vendredi 25 avril 2008
"Si les maris pouvaient laisser leurs femmes avoir un ou deux amants pour leur permettre de comparer, il y aurait beaucoup plus de femmes fidèles." Georges Feydeau

Francine est mariée à Chanal : ils sont jeunes, beaux, riches et vivent heureux. Mais Francine cherche autre chose à ce bonheur a priori parfait : elle est en quête de l'amour, du vrai, du brulant, de l'éternel. Pour être surprise, pour être désirée, pour être recherchée éternellement. Alors elle le trouve dans les bras du beau et viril Emile. Elle s'y plait, elle s'y épanouit et elle se prend à rêver de cette vie mariée avec lui, plutôt qu'à son mari.

La troupe de La Main Passe nous emmène dans cette quête de l'amour, le grand, avec tous les défauts et toutes les imperfections qu'il peut avoir ; et nous met face à des vérités : l'audace, la spontanéité, la routine, le temps, la lâcheté. Mais on y voit aussi nos propres défauts : en majorité celui de vouloir plaire et de convoiter ce qui ne nous est pas dû !


La candide Francine nous fait papillonner du mari à l'amant, puis à l'amoureux transi : la main passe !

Les personnages sont tous détestables, mais on se retrouve forcément à un moment donné dans chacun d'eux : le romantique, l'utopique, le jaloux, le timide, l'amoureux. Alors on finit par les adorer, par les défendre, par les comprendre et puis on rit surtout beaucoup ; et c'est finalement ce duo "amour-rire" qui gagne ! Car oui on rit de ces amours compliqués : on rit de nos histoires personnelles, on rit de nous mêmes ! Mais c'est formidable et oui ça fait du bien ! La troupe est magique, dynamique, admirable et terriblement séduisante - voire érotique dans certaines scènes - et la mise en scène est pleine de tendresse et de qualité.

"On peut douter de l'amour d'un homme qui nous dit je t'aime tout le temps mais jamais de celui qui nous le cache".

Avec entre autres : Anthéa Sogno, Anatole de Bodinat.
Mise en scène : Mitch Hooper

Théâtre Michel - 38 rue des Mathurins - 75008 Paris

Pour en savoir plus, voici une bande annonce qui donne tout de suite la couleur :
http://spectacles.premiere.fr/pariscope/theatre/salle-de-spectacle/spectacle/la-main-passe

Pour réserver : http://www.ticketac.com/theatre-prive-paris-theatre-michel/la-main-passe.htm
Par Ana-Joe
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Lundi 14 avril 2008

J'ai eu la chance de voir et participer - tout comme les 5000 personnes du palais des congrès de Paris - au spectacle de Bharati !
Outre le fait que l'on est très vite séduit par les acteurs, et les chanteurs, on découvre les instruments traditionnels de l'Inde ! Les musiques, les chants, les danses se mélangent et tout cela est si coloré que l'on a du mal à reprendre le métro après ;-)


C'est un spectacle d'une qualité remarquable et moi qui ne connaissait que très très peu de choses à l'Inde j'ai été émerveillée, émue, et les mouvements conjugués aux couleurs m'ont tout particulièrement transportée !








Alors les chants sont en Indi bien sûr, mais un narrateur nous guide, avec humour et poésie tout au long ! Et puis les chants ne sont-ils pas universels ? L'amour ne l'est-il pas davantage ? Une histoire d'amour très Bollywood donc, mais personne n'y reste insensible !


L'histoire de Siddharta et de Bharati : prenez tous vos tapis volants !

Par Ana-Joe
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