Le Blog à partager…
SimplicitéArtsPartageIdéesLivresPlaisirFilmsCultureMots
"Le monde du partage devra remplacer le partage du monde" Claude Lelouch - Itinéraire d'un enfant gâté
Pour inaugurer notre envie de Plus à Partager, voici le
premier PP sur un vaste et passionnant sujet. Commençons donc par le point de départ : le couple...
Psychologie
On peut parler de schéma et de modèles. Mais parfois il est difficile de rentrer dans un moule prédéfini. Surtout, en cas d’amour… On a beau dire
mais s’il y a bien un sentiment qui peut nous pousser hors des schémas et des modèles, c’est bien l’amour. On est prêt à beaucoup par amour, aux sacrifices comme aux plus belles choses. A faire
des heures et des heures de marches pour retrouver sa belle, à accepter de nouveaux schémas pour son amour à lui, à attendre sous la pluie pour rester près de l’autre, à quitter un peu plus tôt
le travail pour se retrouver ensemble. Il arrive même à nous rendre fou : on se surprendrait presque à vouloir voler, à déplacer des montagnes, à chercher de l’or dans l’eau de pluie. Et puis, il
n’y a pas à dire mais sans lui, on n’est décidément pas grand-chose dans ce grand monde. Et quand on le perd, quand il fane ou quand il met du temps à venir, on a mal. Mal à la tête, mal au cœur,
mal au corps. L’absence d’amour peut avoir des effets terribles et rend les jours et les nuits absolument longues, tristes. On s’en fracasserait la tête contre les murs. Les chagrins d’amours, il
n’y a rien de pire pour un amoureux. Et le pire on a envie de rien du tout quand c’est comme ça. Alors comment faire en cas d’amour ?
S’enflammer ou résister, se préserver du possible chagrin d’amour ou se libérer ? C’est ce que Anne Dufourmantelle, psychanaliste et philosophe, expose dans son récit-essai
En cas d’amour.
« Je voudrais que vous me débarrassiez de l’amour », lui demande une
patiente. Face à autant de souffrance, Anne Dufourmantelle aborde avec délicatesse et grande précision les sujets dévastateurs de l’amour : la trahison, la jalousie, la vengeance, la fusion
amoureuse. Elle présente aussi beaucoup de réactions naturelles en cas d’amour, comme celle de vouloir revivre ou répéter dans sa tête les mauvaises
paroles ou les mauvaises histoires, comme pour les encercler au point d’en être au cœur même. Elle décrit ces « cas » qu’elle a pu vivre de sa propre expérience, ou qu’elle a pu
entendre conter dans son cabinet, sortes de nouvelles psychanalysées.
Il y a aussi cet homme émouvant, qui arrive comme mort devant elle en lui disant « je n’ai plus de raison de vivre depuis qu’elle est partie. » Comment faire ? Comment retrouver le
goût et l’envie ? Que faire alors des sanglots, des crises de nerfs, des insomnies, des coups de Spleen ? Par des exemples concrêts elle expose ces cas différents mais bouleversant.
Enfin, elle parle aussi du portable comme nouvel outil de l’adultère, des bisexualités, et de ses légendes de montres et de fantômes, on finit par celles des fées.
« L’événement de l’amour est une machinerie sans objet, qui se renforce quand elle se perd, se perd quand elle se garde, échappe quand on la possède, vous dépossède de tout, quoi que vous
possédiez, vous rend puissant et vous désarme définitivement. […] J’aime l’ignorance de l’amour, sa persistance terrible en dépit de tout et son abaissement devant la moindre chose quand il est
mort. […] Il est une prophétie intime, adressée à un autre qui l’entend. »
C’est une façon de voir les nouveaux schémas du couple, en cas d’amour. Surtout en cas d’amour ! On peut vite s’apercevoir par ces descriptions que toutes nos émotions sont étroitement liées
à ce sentiment si abstrait qu’est l’amour. On est surtout tous très fragiles et sensibles. Alors en cas d’amour que faire ? Se laisser porter, se mettre en confiance avant de déployer ses
ailes, et puis il y a tant à partager avant de prévoir le pire, alors ayons confiance aux meilleurs jours que demain seront. Et en cas de perte d’amour, il y a un dur et injuste moment à passer,
mais l’amour revient, renaît et existe, tout dépend de nous, de qui nous entend, de qui nous tend la main ; car la vie n’est pas la même si elle n’est pas amoureuse.
Source : Anne Dufourmantelle, En cas d’amour, Ed. Payot