Dimanche 6 juillet 2008

On a toutes et tous entendu parler de Françoise Sagan, de "Bonjour Tristesse" son premier roman scandaleux.

Personnellement je ne connaissais pas plus son personnage que ma première ligne...

Synopsis de Allociné :
"Sur ce sentiment inconnu, dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse." Françoise a tout juste 18 ans quand elle écrit les premières lignes de Bonjour Tristesse, un roman dont le succès fulgurant suffira à lancer le mythe de " La Sagan ". Un mythe fait de formules brillantes, d'amours affranchies et de scandales tapageurs, derrière lesquels se cache une femme, que l'on qualifie d'anticonformiste pour ne pas la dire libre. Libre d'écrire, d'aimer, et de se détruire...

Info : Sagan sera diffusé par France 2 trois mois plus tard en format téléfilm de trois heures.


Petit rappel : Françoise Sagan, de son vrai nom Françoise Quoirez, est née en 1935 et est décédée en 2004. "Bonjour Tristesse" a été publié en 1954. Elle a écrit une vingtaine de roman entre 1954 et 1996 et une douzaine de pièce de théâtre entre 1958 et 1987.


Autour d'elle, des amis mais aussi beaucoup de flatteurs et de profiteurs. Le film montre la grande fragilité de cette femme qui a vécu toute son enfance dans le riche 17ème et qui à l'âge de 18 ans va écrire un premier roman qui va scandalise toute sa famille. Sagan est aussi fragile sentimentalement : elle se cherche entre les hommes et les femmes. On lui connaîtra son mariage avec l'éditeur Georges Schoeller et l'américain Robert Westhoff avec qui elle aura un enfant ; et surtout sa relation avec la styliste Peggy Roche.


On se rend vite compte de la grande et infinie solitude de la romancière : "e pire c'est d'être seule avant de mourir. De ne pas avoir la main de son amour sur son épaule avant le dernier souffle".

Son incapacité à assumer son rôle de mère peut paraître également scandaleurs à certains moments : « quand on me l'a mis dans mes bras, j'ai eu une impression d'extravagante euphorie(...) je sais ce que c'est d'être un arbre avec une nouvelle branche : c'est d'avoir un enfant » ; mais elle avoue aussi de ne plus se sentir mortelle car elle avait donné la vie.

Etrange ambiguité donc. Elle se disait libre de faire, de dire, d'écrire et de mourir aussi.

Sa passion pour l'écriture est au centre de toute sa vie, de tout son quotidien et comme tout écrivain, elle rencontre cette angoisse de la page blanche : "il n'y a rien de pire que de ne plus pouvoir faire ce qu'on aime le plus".

Ecrire est une sorte de confession intime, un acte de séduction aussi. Son personnage est sincère, passionné et passionnant. Elle peut paraître scandaleuse mais c'est une femme fragile, très dépendante du regard des autres sur son travail et sur elle. Qaunt à tout cet argent qu'elle a gagné de par ses écritures, elle en a un rapport bien à elle : "l'argent rend les hommes fous lorsqu'ils en ont et lorsqu'ils n'en ont pas".

La fin du film révèle tout l'éphémère de l'être humain et surtout de ses relations. C'est simplement émouvant et sa solitude est poignante. L'approche de sa mort est assez bouleversante malgré toutes les pertes qu'elle aura connues de ses proches, elle le dit elle-même "l'homme est endurant".

Mais il y a beaucoup de rires aussi ; car Sagan est un personnage unique et sa fantaisie est éclatante !

Une phrase que j'aime beaucoup de Sagan : "Je voudrais avoir dix ans, je voudrais ne pas être adulte. Voilà."

Enfn, en 1988, elle rédige son épitaphe : ... je m'arrête là car c'est la toute fin du film...

Courrez donc voir ce film pour cette raison mais aussi pour le talent de SylvieTestut - je souligne également le rôle superbe de Pierre Palmade.
Par Ana-Joe - Publié dans : Ciné à partager
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